Il y a une pub qui passe présentement à la télé et dans les salles de cinéma québécoises, une publicité choc, une publicité montrant un homme, prenant le visage de sa femme entre ses mains, une femme complètement terrorisée, paralysée par la peur, la peur d’un homme qui lui demande de lui répondre quand il lui parle, qui la bouscule, qui arrive tout près de la frapper, qui la projète par terre et qui lorsqu’il lui demande de se relever voit apparaître un policier. Autrefois, nul autre que la femme n’aurait pu porter plainte pour violence conjugale, maintenant, les policiers peuvent porter plainte contre l’agresseur à la place de la victime. Cette publicité m’a donné l’idée de vous présenter quelques publicités sociétales sur la violence conjugale, des pubs de différents pays francophones et de différentes époques, des pubs coups de poings. Malheureusement je n’en ai pas trouvé où l’agresseur est une femme et la victime un homme, ce qui ne veut pas dire que le phénomène n’existe pas, je dirais même qu’il semble être en pleine expansion.
Première publicité: slogan: La violence conjugale est un crime. (publicité diffusée en 2007 par le gouvernement du Québec), d’une durée de 29 secondes:
Deuxième publicité: Publicité réalisée en 1988 au Québec par le défunt cinéaste Jean-Claude Lauzon et mettant en scène Louison Danis (Maman Bougon). Durée (1:28):
Troisième publicité: Campagne de la Fédération Nationale Solidarité Femme, publicité possiblement diffusée en 2006 en France. Le message est le suivant: Un homme qui maltraite sa femme apprend la violence à ses enfants. On peut y voir en effet un jeune garçon, regardant son père battre sa femme, venir près d’elle, alors que sa mère est étendu par terre, pour venir lui donner un coup de pied dans les côtes. Durée (0:45):
Quatrième publicité: Publicité pour le lancement du nouveau service, le 3919, service téléphonique venant en aide aux victimes de violences conjugales en France, en 2007. Le message est le suivant: Parlez-en avant de ne plus pouvoir le faire. Si la victime ne réagit pas, qu’elle ne téléphone pas, qu’elle ne va pas chercher de l’aide, l’issue final c’est la mort. Durée (0:23):
Cinquième publicité: Cette fois-ci une publicité d’Amnesty International, division Belgique, possiblement diffusée en 2007, où l’on montre un jeune couple vivant paisiblement alors qu’une femme est en train de se faire battre de l’autre côté de la rue, dans un appartement. L’homme, assis confortablement sur le divan, pitonnant sur son portable, entend les cris mais n’agit pas, n’intervient pas, se lève et va fermer la fenêtre pour ne plus entendre ces cris insupportables. Durée (0:30):
Cette dernière publicité ressemble étrangement dans son approche à une publicité américaine où l’on voit un homme et une femme, dans leur lit, l’homme lit une revue, alors que sa femme écoute attentivement la dispute féroce qui éclate chez ses voisins du haut, ne pas réagir face à la violence, l’homme étire sa main au-dessus de sa table de chevet et au lieu de prendre le téléphone, il éteint la lampe.
Dans la publicité belge, il s’agissait de ne plus entendre, de se boucher les oreilles, dans la publicité américaine c’est le refus de voir, on préfère la noirceur à la lumière. J’aurai l’occasion de revenir prochainement sur les publicités américaines portant sur ce phénomène de société.
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[...] j’avais décidé de mettre quelques pubs sur la violence conjugale dans l’un de mes billets. Aujourd’hui je veux en rajouter une autre, une pub réalisée par Olivier Dahan, [...]
e trouve que les divers clips contre les violences congugales ont le tort de ne présenter les femmes que commes de pauvres victimes incapables de se défendre. Or cela peut au contraire conforter les connards en tout genre à ne les considérer non pas commes des êtres humains doués de libre arbitre, mais comme des chiffes molles incapables de rendre les coups.
En tant que femme, je trouve ces images insultantes et blessantes.
La force brute n’entre pas seule en ligne de compte, mais également l’intelligence, la force mentale et la rapidité. Nous ferions peut-être mieux de commencer à apprendre aux filles à se défendre et à mieux choisir leur éventuel compagnon ou à le quitter immédiatement s’il se comporte mal.
Mais ce n’est pas dans la mentalité d’une société patriarcale comme la nôtre, qui préfère je ne sais pour quelles obcures raisons, cantonner les femmes à un rôle d’éternelle victime.
Cela me dégoûte.