Pour ceux qui ont la chance de vivre dans un pays laïque comme moi, certains faits et gestes sont maintenant devenus banals. Certes il existe encore des inégalités entre hommes et femmes, comme les inégalités salariales dans certaines sphères d’activités, mais ces inégalités sont minimes si on les comparent avec certaines théocraties comme l’Iran ou encore l’Arabie Saoudite. De plus en plus de féministes, fort heureusement, commencent à contester le pouvoir des fanatiques de la Charia. Dernièrement je vous parlais de Wajeha Al-Huwaider, féministe saoudienne qui a pris le volant de son véhicule pour contester cette idée saugrenue voulant que la femme n’ait pas le droit de conduire, car elle risquerait d’entrer en contact avec un homme autre que son époux, son frère ou son père, elle pourrait ainsi entrer en contact avec un garagiste, un policier ou bien un ambulancier, on ne sait jamais, ce qui ferait en sorte de l’exposer à la tentation de la chair.
On sait que l’islam craint le désir, le désir de la chair, la séduction, la tentation, le plaisir charnel hors mariage, l’adultère, les contacts exogènes, hors de la cellule familiale, la mixité. Les femmes doivent se voiler pour ne pas que l’homme soit séduit par ses atouts, comme si telle une bête immonde, incontrôlable, il n’aurait qu’un seul désir à la vue d’un sourire et d’une mèche de cheveux, celui de violer la femme qui se trouve devant lui. L’islam craint la femme, l’islam a peur du pouvoir que la femme exerce sur l’homme, c’est pour cela que l’islam tente par tous les moyens de contrôler, de maîtriser la femme, de la réduire à un morceau de tissu.
Vendredi dernier, une autre féministe, cette fois-ci iranienne, est venu donner une conférence ici-même au Québec, à l’université Concordia. Nasrin Afzali est venu témoigner de la lutte qu’elle mène face au régime des mollahs, de cette lutte qu’elle mène pour pouvoir entrer tout simplement dans un stade de soccer, assister à un match de soccer, puisque les femmes sont interdites au stade Azadi de Téhéran. Même si le mot Azadi veut dire “liberté”, nous sommes loin de nous trouver dans un pays libre. Le seul fait d’y entrer, le seul fait pour une femme de mettre les pieds dans un tel stade, aura valu à madame Afzali et à celles qui la suive, quelques jours de prison et quelques baffes sur la gueule. Mais madame Afzali persiste et continue sa lutte acharnée pour qu’un jour les femmes puissent entrer là où maintenant elles sont interdites.
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