Dans son autobiographie, celle qui fut assassinée le 27 décembre dernier par des fanatiques religieux, relatait ceci:
” Lors d’un entretien en tête-à-tête à la Maison-Blanche, je fis part au président George H.W. Bush de mes inquiétudes. Je lui rappelai que pour chasser les Soviétiques d’Afghanistan, nos deux pays avaient pris la décision stratégique – au demeurant très efficace – de donner le pouvoir aux éléments les plus fanatiques de la résistance, qui risquaient par la suite d’échapper à tout contrôle. “Monsieur le Président, je crains que nous n’ayons créé un monstre à la Frankenstein qui pourraient bien revenir nous hanter à l’avenir”, lui dis-je tristement.” - Benazir Bhutto
C’est le constat qui est fait à la fin du film de Mike Nichols, Charlie Wilson’s War, lorsque l’agent de la CIA, Gust Avrakotos, joué par Philip Seymour Hoffman, dit à Charlie Wilson (Tom Hanks), que les moudjahidines, que le gouvernement a armé jusqu’aux dents pour combattre les Soviétiques, vont un jour se retourner contre eux, que les fonds amassés pour entraîner les combattants afghans vont déclencher une véritable poudrière. La victoire de l’Afghanistan sur l’Union Soviétique tout en mettant fin à la guerre froide engendra une autre guerre, celle du terrorisme international. Pourtant l’intention de Charlie Wilson était probablement noble, donner les armes nécessaires aux afghans, les entraîner au combat, leur donner ce qu’ils leur fallait pour faire fuire les envahisseurs soviétiques. Hors cette intention engendra d’autres répercussions beaucoup plus importantes, celle du 11 septembre et de ce qui s’ensuivit.