La hiérarchie du vivant


Paul Watson

 Au début du mois, Paul Watson, le controversé animaliste, fondateur de la Sea Shepherd Conservation Society, faisait scandale en déclarant qu’une vie animale vaut une vie humaine, que la mort des trois chasseurs de phoques de l’Acadien II, était bien regrettable, mais qu’il était encore plus grave de tuer chaque année des milliers de phoques sur les banquises. Pour monsieur Watson, les chasseurs de phoques sont des génocidaires, des tueurs de bébés.  Qu’en pensez-vous ?  Une vie humaine vaut-elle une vie animale ? Et si oui pourquoi ?  La question mérite d’être posée je crois.  Plusieurs se sont indignés devant une telle déclaration, moi le premier, mais une question philosophique me brûle le cerveau depuis, pourquoi une vie humaine serait-elle supérieure à une vie animale ? Je n’ai pas encore trouvé de réponse à cette question malheureusement, mais quelque chose en moi continue tout de même à s’indigner face aux déclarations de monsieur Watson.   

3 réflexions sur « La hiérarchie du vivant »

  1. Voici une exelente lettre d’une militante qui répond à un journaliste du Devoir, peut-être trouveras-tu ta réponse.

    Plus que jamais, j’ai extrêmement honte d’être Québécoise. Lorsque j’entends et lis tous ces journalistes, animateurs, chroniqueurs et autres intervenants qui se sont aujourd’hui donné le mot pour tabasser en chœur un homme et son œuvre, qui s’amusent à désinformer et à traîner dans la boue tous les animalistes, quand j’entends ou lis tous ces petits commentateurs qui se réclament fièrement du côté des « bien pensants », qui endossent les lois comme si elles étaient toutes nécessairement légitimes, sans se questionner deux secondes sur le bien fondé de certaines d’entre elles, je ressens de la colère et de l’indignation, pour ne pas dire une exaspération profonde.

    Nous ne sommes plus capables de vous entendre parler à travers vos chapeaux, de vous entendre médire sur un homme et sur tous les animalistes de la planète sans même savoir de quoi vous parlez. Renseignez-vous donc un peu plutôt que d’ingurgiter la désinformation prémâchée par vos petits chroniqueurs préférés sans pousser plus loin vos questionnements, avant de condamner des gens qui consacrent pourtant leur vie à tenter de sauver des écosystèmes et des animaux, humains ou non !

    Des êtres endeuillés par la mort de quatre des leurs, totalement aveuglés par leurs émotions et soutenus par des médias opportunistes et par une population en mal d’épanchement patriotique, sont tristement tombés dans une grave hystérie collective, sans se rendre compte du ridicule de la chose. Il n’y avait pas la moindre matière à scandale dans les propos de Paul Watson, qui a tout simplement dit ce qu’il pensait, sans provocation aucune.

    Quand on n’est pas spéciste, on considère que tout animal, humain ou non, a le droit d’exister, on lui reconnaît sa légitimité et sa volonté de survivre, tout simplement, sans hiérarchiser arbitrairement la valeur de sa vie selon son espèce ou selon tout autre considération subjective. Vous voyez de la monstruosité là où il n’y en a pas, vous voyez de la provocation là où il n’y en a pas. Nous n’avons pas la même vision du Monde, cela ne vous donne en aucun cas le droit de nous brûler sur vos bûchers, de raconter n’importe quoi sur nous, de nous imposer votre vérité spéciste. Vous ne pouvez pas nous obliger à glorifier, avec vous, l’idéologie de la suprématie humaine qui détruit tout, pourtant, sur son passage, devant vos yeux grands fermés. Vous n’avez pas à nous obliger à avoir, comme vous, qu’un seul cœur pour aimer les hommes, et à reléguer au statut de meuble, de marchandise ou de « troupeaux à contrôler » toutes les autres espèces animales autres qu’humaine.

    Que toutes les personnes qui ont fait, pour les animaux et pour l’environnement, ne serait-ce que le millionième de ce que Paul Watson fait, depuis 30 ans, le disent maintenant ou se taisent à jamais.

    Depuis près de 30 ans, M. Watson, co-fondateur de Geenpeace et fondateur de la Sea Shepherd Conservation Society, sillonne les mers et risque sa vie pour faire directement obstacle aux pêcheurs braconniers de tous les pays, aux baleiniers soviétiques et japonais, aux pêcheurs utilisant illégalement les filets dérivant, aux trafiquants d’ailerons de requins, aux massacreurs de dauphins, aux chasseurs de phoques et autres tueurs de cétacés.

    Une des campagnes prioritaires de la Sea Shepherd Conservation Society est de s’attaquer au problème global du système de pêche à la palangre pélagique de surface, d’intervenir directement pour en stopper l’usage illégal. Une ligne pélagique de surface est faite habituellement de nylon monofil. Sa longueur peut aller de 1,6 km à 100 km. La ligne est maintenue à flot par des bouées de polystyrène ou de plastique. Environ tous les 300 m, une seconde ligne y est attachée, allant vers le fond sur environ 5 m. Sont fixés à ces lignes des hameçons garnis d’appâts, calamars, poissons, chair fraîche de dauphin. Les appâts des hameçons peuvent être aperçus depuis les airs par les albatros qui plongent dessus, qui y restent accrochés et se noient. D’autres espèces marines aperçoivent les appâts depuis le fond et restent accrochées quand elles essaient de les manger.

    La flotte japonaise lâche jusqu’à 100 millions d’hameçons par an rien que pour la pêche au thon bleu dans le Sud. Outre les poissons et mammifères marins, des dizaines de milliers d’oiseaux sont ainsi tués chaque année. Une estimation prudente des albatros tués par les palangres japonaises est de 44 000 par an. Le présent chiffre pourrait bien être doublé, selon les chercheurs, mais le nombre d’albatros tués par les bateaux de pêche d’autres nations n’est pas disponible. On estime que, de douze des quatorze espèces d’albatros recensées, des dizaines de milliers meurent chaque année de cette manière. Au vu du grand nombre d’oiseaux ainsi tués, ce style de pêche peut être considéré comme la plus sérieuse menace pour la survie de ces espèces. 20 000 tortues de l’espèce « caretta caretta » sont capturées chaque année par les palangres des pêcheries espagnoles en Méditerranée. On estime que 4 000 d’entre elles sont rejetées à la mer et meurent avec l’hameçon accroché dans la gorge.

    Les palangres sont les grandes coupables de la diminution du nombre de requins dans les océans. Ces lignes d’une longueur de 1 à 100 miles sont appâtées avec du poisson (mais aussi du dauphin ou du phoque tués illégalement) pour attirer l’attention des thons, espadons et requins. Ceux-ci sont pêchés surtout pour leurs ailerons (qui ne représentant que 4 % de leur poids), parfois pour leur cartilage, l’huile de leur foie et leurs dents. Les pêcheurs arrachent leurs ailerons avant de les rejeter encore vivants à la mer. Leur agonie est affreuse : incapables de nager, ils coulent lentement vers le fond, et meurent dévorés vivants par d’autres poissons. Si les palangres ne sont pas abolies, beaucoup d’espèces de requins disparaîtront dans les prochaines décennies.

    Des pays comme le Sénégal sollicitent les services de M. Watson pour lutter contre les braconniers qui sévissent chez eux. Aux Îles Galapagos, il œuvre là aussi à protéger les fragiles écosystèmes marins, les tortues, les requins, les concombres de mer…
    Les Japonais contournent les lois internationales de protection des baleines pour les chasser à des fins supposément scientifiques, alors qu’ils les massacrent pour revendre leur viande : Paul Watson les a à l’œil et tente de leur nuire autant qu’il le peut.
    Tout autour du monde, du Canada en passant par la Norvège et jusqu’en Afrique du Sud, les phoques sont massacrés, et Paul Watson le dénonce tout en luttant pour les protéger.

    L’homme, qui fut d’abord médecin puis, un peu plus tard, professeur d’écologie à l’Université de Pasadena, est considéré mondialement comme l’un des grands experts de nos océans. Il donne régulièrement des conférences dans les universités, ainsi que de nombreuses conférences de sensibilisation à travers le monde, tout en occupant plusieurs fonctions au sein de différentes associations à vocation environnementale.
    SOS Grand Bleu l’a nommé citoyen d’honneur en 1996.
    En 2000, le Time Magazine l’a désigné comme l’un des héros écologistes du XXe siècle.
    Son éthique personnelle l’a poussé à devenir végétalien strict, et tous les repas servis sur les bateaux de la Sea Shepherd Foundation sont obligatoirement végétaliens.

    Jusqu’à aujourd’hui, toutes les tentatives de poursuites judiciaires contre Paul Watson et son association ont échoué, soit parce que les films systématiquement pris par les membres de l’association ont clairement démontré le non fondement des accusations, soit parce que les navires victimes étaient eux-mêmes hors la loi.

    Alors, je le répète pour la dernière fois : que toutes les personnes qui ont fait, pour les animaux et pour l’environnement, ne serait-ce que le millionième de ce que Paul Watson fait, depuis 30 ans, le disent maintenant ou se taisent à jamais !!!

    Voici encore une réponse à tes questions:
    Phoques : « Nous sommes tous des animaux »
    http://blogues.cyberpresse.ca/lagace/?p=70721101

  2. Selon moi la reponse est simple. Une vie animale a la meme valeur qu’une vie humaine dans le sens ou l’animal n’a pas plus envie de souffrir ou de mourrir qu’un humain. Sa condition de « non-humain » ne le fait pas plus meriter de souffrir ou de perdre la vie qu’un humain. Mais une vie humaine vaut plus dans le sens ou generalement sa mort provoque plus d’emoi ou de dommages pour d’autres humains que la mort d’un animal.
    D’ailleurs je suis d’accord que les propos de Watson n’etaient pas utiles et pas de circonstance. Mais de la a etre « horrifie » par ce qu’il a dit… Il n’a pas sali volontairement la memoire des chasseurs et il n’a quand-meme pas dit que c’est une bonne chose qu’ils soient morts.
    Je pense que dans la plupart des cas (mais pas toujours), si les gens sont si horrifies par ce que disent certains animalistes, c’est qu’ils ont tres peu de consideration pour la vie et la sensibilite des animaux.

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