Enfants à vendre


 » À l’orée d’un grand bois habitait un pauvre bûcheron avec sa femme et ses deux enfants, le petit garçon se nommait Jeannot, la petite fille Margot.  Il avait peu de choses à se mettre sous la dent, et une fois qu’une grande disette s’était abattue sur le pays, il ne put pas même se procurer le pain quotidien.  Un soir qu’il se tracassait et que les soucis le faisait se retourner dans son lit, il soupira et dit à sa femme:  » Qu’allons-nous devenir ?  Comment pourrons-nous nourrir nos pauvres enfants, alors que nous n’avons plus rien pour nous-mêmes ? – J’ai une idée, homme, répondit la femme, demain, de bon matin nous conduirons les enfants dans le bois, au plus épais des fourrés.  Là nous leur ferons du feu, nous donnerons encore un petit bout de pain à chacun, puis nous irons à l’ouvrage et nous les laisserons seuls.  Ils ne retrouveront pas le chemin de la maison et nous en serons débarassés. – Non, femme, dit le mari, je ne ferai pas cela, comment aurais-je le coeur d’abandonner mes enfants dans la forêt, les bêtes sauvages viendraient bientôt les déchirer.  – Sot que tu es, dit-elle, alors nous mourrons de faim tous les quatre, tu n’as plus qu’à raboter les planches de nos cercueils « , et elle ne lui laissa ni trêve ni repos qu’il n’ait consenti.  » Tout de même, ces pauvres enfants me font pitié », dit l’homme.  »  (Contes, Grimm, Folio, Paris, 1995, p. 71.72) 

Après un peu plus de 150 ans, ce conte des frères Grimm, Hansel et Gretel, est toujours d’actualité.  Le contexte de ce conte est celui du Moyen-Âge, de la famine qui y régnait et des horreurs qu’elle engendre, dont la vente d’enfants.  Aujourd’hui encore, la vente d’enfants par les parents semblent monnaie courante dans certaines régions pauvres.  Selon un article publié par Stéphane Paquet, correspondant de la Presse à Pékin, des familles chinoises peuvent recevoir jusqu’à 75 $ pour une fille et dix fois plus pour un garçon, soit près de 750 $ (la valeur d’un garçon on l’aura deviné est beaucoup plus importante que celle d’une fille dans ce pays où l’on a assisté impuissant à un véritable génocide de foetus femelles ces dernières années) avant d’être vendu à d’autres acheteurs à des prix pouvant aller jusqu’à 1000 $ pour une fillette et 3000 $ pour un garçon. 

En Afghanistan, l’islam et la pauvreté font en sorte que certaines familles vendent leurs fillettes de 11 ans à des pédophiles (oui des pédophiles, des hommes mûrs, des hommes de trente, quarante, cinquante ans) en échange d’une dot de 10 000 $.   De ces fillettes vendues comme esclaves à des pervers, plusieurs en viendront à vouloir s’enlever la vie alors que d’autres, bénéficiant de l’aide financière et humanitaire de pays comme le Canada, pourront aller à l’école, étudier pour devenir médecin, car, comme le dit si bien l’article d’Alexander Panetta, si les femmes ne peuvent être soigné que par des femmes, toujours faut-il qu’elles sortent de leur maison pour aller étudier la médecine.

L’harmonie chinoise


Selon le correspondant de Radio-Canada en Chine, Michel Cormier, que vous parliez de la Chine en mal ou que vous en parliez en bien équivaut à la même chose aux yeux des autorités chinoises.  Les jeux de Pékin ce sont les jeux de la sécurité à tout prix, du camouflage, de l’enrobage, de la dissimulation.  On doit montrer la Chine sous son plus beau jour.   Et pour se faire on falsifie la réalité, on la met en scène, on joue avec elle, on tente de berner les journalistes, car on a peur de tout, la Chine à la chienne qu’on la voit sous son vrai jour, elle a peur d’être démasquée qu’elle en devient paranoïaque.  Comme nous le rapporte Michel Cormier:

« La réalité de ces Jeux, c’est que cette préoccupation du secret et de la sécurité nous empêche même de faire des reportages positifs. Interviewer les athlètes olympiques chinois? Impossible. Visiter les installations agricoles spéciales qui vont assurer la sécurité des aliments pour les athlètes? Non plus. (Les craintes des athlètes sur la sécurité des aliments sont, à mon avis, exagérées). Faire un reportage sur ce petit garçon de 7 ans qui porte le nom d’Olympique? La famille a peur de parler. Faire un portrait de la grande école de gymnastique de Pékin qui produit tous ces merveilleux athlètes chinois? On vous accorde 15 minutes pour tourner des images, mais on vous interdit de faire des interviews. » 

L’Empire Cédrika


En dehors du drame, en dehors de la tragédie qui bouleverse la famille, en dehors de l’enfer qu’a dû subir la fillette, il y a l’exploitation d’un drame, il y a la surexploitation d’une tragédie par les médias.  Ce n’est pas seulement un an d’enfer pour la famille, c’est un an d’enfer de désinformation, car il ne faut pas se le cacher, il ne se passe pas grand chose à Trois-Rivières, notre petite ville est bien tranquille et les pages du Nouvelliste, notre seul quotidien, sont de plus en plus pauvres en contenus, le Nouvelliste ressemblant de plus en plus à une grosse circulaire.  Donc on fesse sur le même clou, un clou très émotif, un clou qui fait vendre des copies.  N’ayons pas peur des mots, Cédrika est exploitée, elle fut exploitée par son agresseur, mais également par les médias qui en font leur vache grasse.  Tout devient prétexte à parler de la fillette, le premier anniversaire de son enlèvement, la blague de Mike Ward, un nouveau véhicule suspect, les réactions du père face à l’incompétence des enquêteurs, une excès de colère de Claude Poirier, un jeune qui décide de prendre son été pour faire le tour de la rivière st-maurice, question de retrouver le cadavre de Cédrika.  Bref il ne se passe pas une semaine sans que l’on parle de cette histoire.  Cédrika Provencher, c’est une entreprise qui rapporte gros, c’est comme mettre la dernière folie de Britney Spears sur la page couverture d’un magazine people, on est certain de vendre, on est sûr que ça va rapporter.  Cédrika c’est une grosse vache à lait pour nos médias québécois. 

Vive Karadzic !


On a pu le constater au mois de décembre 2006 lors de la mort de l’ex-dictateur chilien Augusto Pinochet, il y en aura toujours pour oublier le passé, il y aura toujours des partisans de ces dictateurs sanguinaires pour saluer ces hommes, pour leur rendre un dernier hommage, pour perpétuer leurs oeuvres, pour entretenir leur culte, pour justifier la terreur et le régime oppressif qu’ils ont employés afin, n’ont pas d’aider leur peuple, mais tout simplement pour se maintenir au pouvoir.  Récemment avec l’arrestation du génocidaire serbe Radovan Karadzic, on assiste au même phénomène, l’adulation d’un monstre, d’une racaille, d’un nettoyeur ethnique.  Je vous invite à visionner l’extrait suivant sur France24 où un homme répond ceci: « Moi, je le défendrais avec des moyens qui ne sont pas pas permis. Je n’utiliserais pas des moyens démocratiques « , avant d’offrir un t-shirt au journaliste avec l’effigie d’un criminel de guerre serbe.  Qui sait si l’individu dans le reportage n’a pas violé une femme musulmane à l’époque du génocide.  Il a peut-être même participé activement à l’effort de guerre en massacrant quelques victimes innocentes.  Espérons seulement que Karadzic ira jusqu’au bout de son procès et ne sera pas victime d’un infractus comme Milosevic.

Le Canada un pays qui pardonne…même aux pédophiles


Une demande de pardon pour un crime commis semble être facile à obtenir au Canada.  En effet de septembre 2000 à juillet 2008, c’est 136 357 criminels qui ont pu ainsi trouver la grâce aux yeux de nos autorités.  De ce nombre 883 pédophiles, du « tripoteux » de petites filles à l’incestueux, voient leur dossier criminel effacé et peuvent ainsi recommencer une nouvelle vie, se faire embaucher dans nos garderies et nos équipes de hockey mineur.  Le pédophile est blanchit, on efface et on recommence.   Non mais n’est-ce pas merveilleux ?  Jésus serait fier de nous.

Source:  Cyberpresse

Amnisty international censure sa propre campagne sur les JO de Pékin


 

Bon je n’ai pas vraiment l’intention de faire comme Amnisty et de censurer la campagne faite gratuitement par l’agence TBWA pour l’ONG.  Je vous envoie donc un article du journal Marianne qui parle de cette histoire avec les photos de la campagne publicitaire, campagne qui remporta pourtant le 3e prix aux Lions de Cannes 2008.  Même si la publicité ne cadrait pas dans les plans d’Amnesty, cette dernière la jugeant trop dure, trop agressive, l’ONG ayant préféré une campagne plus « douce », moins incisive, la campagne a fait tout de même son petit bout de chemin, parvenant même jusqu’aux yeux des chinois eux-mêmes qui appellent maintenant au boycott des publicités produites par l’agence.  Un boycott en attire un autre.  Ironie du sort Amnisty dénonce la censure et l’oppression du gouvernement chinois tout en exerçant lui-même une censure sur une campagne publicitaire qui aurait pourtant value la peine d’être endossée.

Le communisme, entre mythe et réalité


Le communisme on le sait a séduit des millions de gens depuis Karl Marx.  Malgré son échec évident, il n’en demeure pas moins que cette idéologie semble séduire bon nombre d’idéalistes de la gauche contemporaine.  Dans l’avant dernier numéro du Courrier International, il est même question du retour en force du marxisme, d’un marxisme transformé, adapté à notre époque, épuré des erreurs des Lénine, Staline et Mao, seule théorie pouvant contrecarrer les injustices et les inégalités du néo-libéralisme.  C’est à mon avis totalement oublié le passé et la tentation totalitaire du communisme, c’est se jeter dans la naïveté la plus totale, celle de croire qu’un monde sans injustice, sans inégalités sociales est possible. 

Pour preuve je vous cite un extrait de l’excellente biographie de Jung Chang et Jon Halliday intitulé simplement Mao.  Dans le chapitre « Comment Mao édifia son pouvoir par la terreur » on y parle entre autre de l’enthousiasme qui régnait auprès des jeunes venus d’un peu partout à travers la Chine lorsque ceux gagnèrent enfin la région de Yenan, la Mecque, ce lieu saint du communisme chinois.  Hors on y parle aussi dans ce chapitre de la désillusion, de ce passage du mythe, de la fiction à la réalité:

 » Pour commencer, ces jeunes furent pour la plupart enrôlés dans diverses « écoles » et « instituts », afin d’y être formés – et endoctrinés.  Mais beaucoup ne tardèrent pas à perdre leurs illusion.  Ce qui les décevait le plus était que l’égalité, qui constituait l’élément central de leur idéalisme, était non seulement tout à fait absente, mais à l’évidence rejetée par le régime.  Partout régnaient l’inégalité et le privilège.  Chaque organisation avait trois niveaux de cuisine différents.  Le plus bas n’avait droit, grosso modo, qu’à la moitié des quantités de viande et d’huile allouées au niveau intermédiaire, tandis que l’élite s’en voyait octroyer encore davantage.  Les aliments les plus nourrissant étaient réservés au sommet de la hiérarchie. 

Il en allait de même pour les vêtements.  Le coton produit sur place était grossier et désagréable à porter, aussi en importait-on un de meilleure qualité pour les cadres dirigeants.  Mao était extérieurement vêtu comme tout le monde, mais ses sous-vêtements étaient d’une tout autre qualité, comme nous l’a révélé une servante chargée de laver et d’entretenir les effets du couple Mao.  Elle-même n’avait droit ni à des sous-vêtements ni à des chaussettes, si bien qu’elle était sans cesse enrhumée.  Enfin, des articles tels que le tabac et le papier à lettres étaient eux aussi attribués selon le rang occupé dans la hiérarchie.

Les enfants des principaux dirigeants étaient envoyés en Russie, ou alors avaient leur propre nounou.  Les femmes des cadres dirigeants pouvaient espérer accoucher à l’hôpital, puis bénéficier ensuite des services d’une infirmière personnelle.  Les cadres un peu moins haut placés envoyaient leurs enfants dans une crèche réservés à l’élite.  Quant aux communistes de base qui étaient mariés (ils étaient assez peu nombreux), soit ils n’avaient pas d’enfants, soit ils avaient beaucoup de mal à joindre les deux bouts.

Les conditions de vie spartiates et la malnutrition entraînaient de nombreuses maladies, mais seuls les hauts dirigeants avaient accès aux médicaments, plutôt rares au demeurant, qu’il fallait importer spécialement des zones nationalistes. » (Jung Chang et Jon Halliday, Mao, Gallimard, Paris, 2005, p. 265.)