Créationnistes et Flat-earthers ou les nouvelles théories de la paranoïa


Je viens tout juste de visionner le plus récent film du réalisateur américain William Friedkin, celui-là même qui réalisa en 1973 L’ExorcisteBug c’est l’histoire d’une fille paumée, qui vit dans un trou perdu, qui aime bien prendre un verre et sniffer sa ligne de coke de temps en temps, question d’oublier la disparition de son enfant ainsi que son ex tout récemment sortie de prison.  Un soir en sortant avec une copine, elle fait la connaissance d’un mec un peu bizzaroïde.  Elle en tombe amoureuse.  Elle semble reprendre espoir, enfin elle n’est plus seule dans son monde.  Hors le gars en question délire solide et commence tranquillement à voir des insectes partout, il y en aurait tout d’abord dans son lit et ensuite sous sa peau.  Dans son délire hallucinatoire l’homme entraîne petit à petit la fille dans son délire.  Elle aussi aurait des insectes sous la peau.  Tous les deux se mutilent, cherchant en vain à extraire ces insectes dont ils sont les seuls à voir et à connaître l’existence.  Il s’agit pour eux d’une réalité objective.  Et les questions commencent à se poser.  Mais d’où peuvent bien venir tous ces insectes, comment se fait-il qu’ils aient pondu des oeufs à l’intérieur de leur peau ?  Et les hypothèses explosent dans leur cerveau, l’imagination s’en donne à coeur joie, et la théorie du complot fait surface.  Le gouvernement américain, les grandes puissances, le nouvel ordre mondial, l’armée, la CIA, y sont pour quelque chose, ce sont eux qui ont installé ces bestioles qui ne seraient en fait que des microprocesseurs.  Ce couple n’est au fond que l’objet d’un complot, ils ne sont que des rats de laboratoires.  Tout était prévu depuis le début, l’enlèvement de l’enfant, l’amie de la fille paumée qui aurait introduit l’insecte-espion souche, bref rien n’est laissé au hasard comme dans tous les bons scénarios complotistes. 

Je vous parle de ce film car il illustre bien à mon avis ce vers quoi sont emmené certains gauchistes complotistes qui, à force de se tenir avec des gens comme eux, qui croient et pensent comme eux, les renforcent dans leurs croyances absurdes, surréalistes, schizoïdes.  Big Brothers est partout, la CIA et les grandes puissances sont derrières chacun de nos faits et gestes, nous ne sommes en fait que des marionnettes obéissantes, des êtres totalement dépourvus de la moindre conscience. Et cela est réconfortant de penser que nous avons découvert un secret que nul ne savait avant nous, ça nous rend plus fort, ça nous rapproche de Dieu, ça fait de nous des êtres exceptionnels.  J’aborde de nouveau la question pour vous parler de deux courants qui frôlent à mon avis le délire, le créationnisme et les Flat-earthers.  Dans un premier temps les créationnistes croient véritablement que l’homme et tout ce qu’il y a sur terre est l’oeuvre de Dieu, rejetant formellement les théories scientiques tel que le Big Bang et les théories évolutionnistes, allant jusqu’à prétendre que les dinosaures et les êtres humains sont nés spontanément, se sont côtoyés.  Le monde aurait donc été créé en six jours et la Terre n’aurait que 6000 ans d’existence.  Les dragons du Moyen-Âge ne serait en fait que des dinosaures que de vaillants chevaliers auraient combattus. Tout le reste ne serait que supercherie, la seule validité scientifique serait celle du créationnisme.  Au Kentucky par exemple il existe même un musée du créationnisme où on y apprend que Darwin n’était au fond qu’un imposteur.

Et ce soir, alors que je m’apprêtais à me coucher, je tombe sur cette nouvelle.  Il y a même des gens qui continuent à croire que la terre est plate.  Et oui, en 2008, il y a des gens qui continuent de croire que la terre est plate.  Selon les adeptes de cette théorie datant du Moyen-Âge que l’on surnomme les Flat-earthers, les gouvernements, les scientifiques et les agences spatiales sont de mèches pour faire gober aux bons citoyens de ce monde que la terre est ronde.  Le « bug » c’est cela, cette folie schizo-paranoïde.

Enfants à vendre


 » À l’orée d’un grand bois habitait un pauvre bûcheron avec sa femme et ses deux enfants, le petit garçon se nommait Jeannot, la petite fille Margot.  Il avait peu de choses à se mettre sous la dent, et une fois qu’une grande disette s’était abattue sur le pays, il ne put pas même se procurer le pain quotidien.  Un soir qu’il se tracassait et que les soucis le faisait se retourner dans son lit, il soupira et dit à sa femme:  » Qu’allons-nous devenir ?  Comment pourrons-nous nourrir nos pauvres enfants, alors que nous n’avons plus rien pour nous-mêmes ? – J’ai une idée, homme, répondit la femme, demain, de bon matin nous conduirons les enfants dans le bois, au plus épais des fourrés.  Là nous leur ferons du feu, nous donnerons encore un petit bout de pain à chacun, puis nous irons à l’ouvrage et nous les laisserons seuls.  Ils ne retrouveront pas le chemin de la maison et nous en serons débarassés. – Non, femme, dit le mari, je ne ferai pas cela, comment aurais-je le coeur d’abandonner mes enfants dans la forêt, les bêtes sauvages viendraient bientôt les déchirer.  – Sot que tu es, dit-elle, alors nous mourrons de faim tous les quatre, tu n’as plus qu’à raboter les planches de nos cercueils « , et elle ne lui laissa ni trêve ni repos qu’il n’ait consenti.  » Tout de même, ces pauvres enfants me font pitié », dit l’homme.  »  (Contes, Grimm, Folio, Paris, 1995, p. 71.72) 

Après un peu plus de 150 ans, ce conte des frères Grimm, Hansel et Gretel, est toujours d’actualité.  Le contexte de ce conte est celui du Moyen-Âge, de la famine qui y régnait et des horreurs qu’elle engendre, dont la vente d’enfants.  Aujourd’hui encore, la vente d’enfants par les parents semblent monnaie courante dans certaines régions pauvres.  Selon un article publié par Stéphane Paquet, correspondant de la Presse à Pékin, des familles chinoises peuvent recevoir jusqu’à 75 $ pour une fille et dix fois plus pour un garçon, soit près de 750 $ (la valeur d’un garçon on l’aura deviné est beaucoup plus importante que celle d’une fille dans ce pays où l’on a assisté impuissant à un véritable génocide de foetus femelles ces dernières années) avant d’être vendu à d’autres acheteurs à des prix pouvant aller jusqu’à 1000 $ pour une fillette et 3000 $ pour un garçon. 

En Afghanistan, l’islam et la pauvreté font en sorte que certaines familles vendent leurs fillettes de 11 ans à des pédophiles (oui des pédophiles, des hommes mûrs, des hommes de trente, quarante, cinquante ans) en échange d’une dot de 10 000 $.   De ces fillettes vendues comme esclaves à des pervers, plusieurs en viendront à vouloir s’enlever la vie alors que d’autres, bénéficiant de l’aide financière et humanitaire de pays comme le Canada, pourront aller à l’école, étudier pour devenir médecin, car, comme le dit si bien l’article d’Alexander Panetta, si les femmes ne peuvent être soigné que par des femmes, toujours faut-il qu’elles sortent de leur maison pour aller étudier la médecine.

L’harmonie chinoise


Selon le correspondant de Radio-Canada en Chine, Michel Cormier, que vous parliez de la Chine en mal ou que vous en parliez en bien équivaut à la même chose aux yeux des autorités chinoises.  Les jeux de Pékin ce sont les jeux de la sécurité à tout prix, du camouflage, de l’enrobage, de la dissimulation.  On doit montrer la Chine sous son plus beau jour.   Et pour se faire on falsifie la réalité, on la met en scène, on joue avec elle, on tente de berner les journalistes, car on a peur de tout, la Chine à la chienne qu’on la voit sous son vrai jour, elle a peur d’être démasquée qu’elle en devient paranoïaque.  Comme nous le rapporte Michel Cormier:

« La réalité de ces Jeux, c’est que cette préoccupation du secret et de la sécurité nous empêche même de faire des reportages positifs. Interviewer les athlètes olympiques chinois? Impossible. Visiter les installations agricoles spéciales qui vont assurer la sécurité des aliments pour les athlètes? Non plus. (Les craintes des athlètes sur la sécurité des aliments sont, à mon avis, exagérées). Faire un reportage sur ce petit garçon de 7 ans qui porte le nom d’Olympique? La famille a peur de parler. Faire un portrait de la grande école de gymnastique de Pékin qui produit tous ces merveilleux athlètes chinois? On vous accorde 15 minutes pour tourner des images, mais on vous interdit de faire des interviews. » 

L’Empire Cédrika


En dehors du drame, en dehors de la tragédie qui bouleverse la famille, en dehors de l’enfer qu’a dû subir la fillette, il y a l’exploitation d’un drame, il y a la surexploitation d’une tragédie par les médias.  Ce n’est pas seulement un an d’enfer pour la famille, c’est un an d’enfer de désinformation, car il ne faut pas se le cacher, il ne se passe pas grand chose à Trois-Rivières, notre petite ville est bien tranquille et les pages du Nouvelliste, notre seul quotidien, sont de plus en plus pauvres en contenus, le Nouvelliste ressemblant de plus en plus à une grosse circulaire.  Donc on fesse sur le même clou, un clou très émotif, un clou qui fait vendre des copies.  N’ayons pas peur des mots, Cédrika est exploitée, elle fut exploitée par son agresseur, mais également par les médias qui en font leur vache grasse.  Tout devient prétexte à parler de la fillette, le premier anniversaire de son enlèvement, la blague de Mike Ward, un nouveau véhicule suspect, les réactions du père face à l’incompétence des enquêteurs, une excès de colère de Claude Poirier, un jeune qui décide de prendre son été pour faire le tour de la rivière st-maurice, question de retrouver le cadavre de Cédrika.  Bref il ne se passe pas une semaine sans que l’on parle de cette histoire.  Cédrika Provencher, c’est une entreprise qui rapporte gros, c’est comme mettre la dernière folie de Britney Spears sur la page couverture d’un magazine people, on est certain de vendre, on est sûr que ça va rapporter.  Cédrika c’est une grosse vache à lait pour nos médias québécois. 

Vive Karadzic !


On a pu le constater au mois de décembre 2006 lors de la mort de l’ex-dictateur chilien Augusto Pinochet, il y en aura toujours pour oublier le passé, il y aura toujours des partisans de ces dictateurs sanguinaires pour saluer ces hommes, pour leur rendre un dernier hommage, pour perpétuer leurs oeuvres, pour entretenir leur culte, pour justifier la terreur et le régime oppressif qu’ils ont employés afin, n’ont pas d’aider leur peuple, mais tout simplement pour se maintenir au pouvoir.  Récemment avec l’arrestation du génocidaire serbe Radovan Karadzic, on assiste au même phénomène, l’adulation d’un monstre, d’une racaille, d’un nettoyeur ethnique.  Je vous invite à visionner l’extrait suivant sur France24 où un homme répond ceci: « Moi, je le défendrais avec des moyens qui ne sont pas pas permis. Je n’utiliserais pas des moyens démocratiques « , avant d’offrir un t-shirt au journaliste avec l’effigie d’un criminel de guerre serbe.  Qui sait si l’individu dans le reportage n’a pas violé une femme musulmane à l’époque du génocide.  Il a peut-être même participé activement à l’effort de guerre en massacrant quelques victimes innocentes.  Espérons seulement que Karadzic ira jusqu’au bout de son procès et ne sera pas victime d’un infractus comme Milosevic.

Le Canada un pays qui pardonne…même aux pédophiles


Une demande de pardon pour un crime commis semble être facile à obtenir au Canada.  En effet de septembre 2000 à juillet 2008, c’est 136 357 criminels qui ont pu ainsi trouver la grâce aux yeux de nos autorités.  De ce nombre 883 pédophiles, du « tripoteux » de petites filles à l’incestueux, voient leur dossier criminel effacé et peuvent ainsi recommencer une nouvelle vie, se faire embaucher dans nos garderies et nos équipes de hockey mineur.  Le pédophile est blanchit, on efface et on recommence.   Non mais n’est-ce pas merveilleux ?  Jésus serait fier de nous.

Source:  Cyberpresse

Amnisty international censure sa propre campagne sur les JO de Pékin


 

Bon je n’ai pas vraiment l’intention de faire comme Amnisty et de censurer la campagne faite gratuitement par l’agence TBWA pour l’ONG.  Je vous envoie donc un article du journal Marianne qui parle de cette histoire avec les photos de la campagne publicitaire, campagne qui remporta pourtant le 3e prix aux Lions de Cannes 2008.  Même si la publicité ne cadrait pas dans les plans d’Amnesty, cette dernière la jugeant trop dure, trop agressive, l’ONG ayant préféré une campagne plus « douce », moins incisive, la campagne a fait tout de même son petit bout de chemin, parvenant même jusqu’aux yeux des chinois eux-mêmes qui appellent maintenant au boycott des publicités produites par l’agence.  Un boycott en attire un autre.  Ironie du sort Amnisty dénonce la censure et l’oppression du gouvernement chinois tout en exerçant lui-même une censure sur une campagne publicitaire qui aurait pourtant value la peine d’être endossée.

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