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Porno para Ricardo, la contre-révolution cubaine


Il fait bon de voir qu’au pays de Fidel, il existe des hommes, des femmes, pour contester la dictature mise en place par El Comandante.   Malheureusement ces artistes sont aussitôt mis en prison comme le témoigne si bien l’arrestation pour « dangerosité sociale prédélictuelle » du leader du groupe punk Porno Para Ricardo, le chanteur Gorki Luis Aguila.  Gorki ose porter au ridicule le vénérable Fidel, comme le montre si bien la vidéo du groupe ci-dessous.  Lisez cette courte entrevue que Gorki accorda au journal mexicain Reforma quelques jours avant son arrestation pour anticastrisme.

L’harmonie chinoise


Selon le correspondant de Radio-Canada en Chine, Michel Cormier, que vous parliez de la Chine en mal ou que vous en parliez en bien équivaut à la même chose aux yeux des autorités chinoises.  Les jeux de Pékin ce sont les jeux de la sécurité à tout prix, du camouflage, de l’enrobage, de la dissimulation.  On doit montrer la Chine sous son plus beau jour.   Et pour se faire on falsifie la réalité, on la met en scène, on joue avec elle, on tente de berner les journalistes, car on a peur de tout, la Chine à la chienne qu’on la voit sous son vrai jour, elle a peur d’être démasquée qu’elle en devient paranoïaque.  Comme nous le rapporte Michel Cormier:

« La réalité de ces Jeux, c’est que cette préoccupation du secret et de la sécurité nous empêche même de faire des reportages positifs. Interviewer les athlètes olympiques chinois? Impossible. Visiter les installations agricoles spéciales qui vont assurer la sécurité des aliments pour les athlètes? Non plus. (Les craintes des athlètes sur la sécurité des aliments sont, à mon avis, exagérées). Faire un reportage sur ce petit garçon de 7 ans qui porte le nom d’Olympique? La famille a peur de parler. Faire un portrait de la grande école de gymnastique de Pékin qui produit tous ces merveilleux athlètes chinois? On vous accorde 15 minutes pour tourner des images, mais on vous interdit de faire des interviews. » 

Le code vestimentaire iranien ferme boutiques


Comme à chaque année, avant la période des vacances, le gouvernement iranien envoie dans les rues sa police des bonnes moeurs.  Si certaines écoles québécoises obligent le port d’uniformes (l’inscription dans ces écoles est un choix et non une obligation, le parent a toujours la possibilité d’envoyer son jeune dans une école publique où il n’existe aucun code vestimentaire particulier), en Iran c’est tout le pays au complet qui est soumis à cette règle, à cette loi islamique.  Interdiction donc pour les femmes de rejeter leur voile par derrière question de ne pas ameuter les hormones mâles, question de ne pas provoquer les pulsions incontrôlables d’hommes en rut, interdiction également de se mettre à la mode occidentale, interdiction pour les hommes de porter les cheveux longs.  C’est ainsi que 32 boutiques de vêtements et salon de coiffure ont été fermés dernièrement pour non respect du code vestimentaire.

En Afghanistan, rien n’a changé


Photo du journaliste afghan Perwiz Kambakhsh condamné à mort pour avoir critiqué l\'islamQu’est-ce que le gouvernement canadien fait en Afghanistan ? Je me le demande de plus en plus, surtout lorsque je lis ce genre de nouvelle.  D’un côté le gouvernement nous parle d’aide humanitaire, de reconstruction, de développement, de la chasse aux talibans dans le but d’instaurer la démocratie, mais d’un autre côté le gouvernement afghan, le gouvernement en place, obéit toujours aux lois de la charia, est toujours sous l’emprise d’un régime théocratique et anti-démocrate.  Il semble que ce sont toujours les mollahs qui contrôlent l’Afghanistan.  Où sont les progrès après sept années de guerre ?  L’Afghanistan reste toujours plongé dans les ténèbres de l’Inquisition, pays où l’on torture et condamne à mort des libres-penseurs, des journalistes tel Sayed Perwiz Kambakhsh qui a osé remettre en question le Coran et la place de la femme dans la société afghane.  En Afghanistan, après sept ans de guerre, rien ne semble avoir changé, l’Inquisition règne toujours, la liberté de pensée n’a toujours pas sa place, la critique du Coran est interdite et la libre parole aussi. 

Les carnets de Turner


The Turner DiariesInterdit dans plusieurs pays, écrit par un auteur d’extrême-droite américain, William L. Pierce, sous le pseudonyme d’Andrew McDonald, The Turner Diaries (le livre a beau être interdit de publication, il n’en demeure pas moins qu’il a trouvé moyen de se faufiler sur la toile et même dans sa traduction française) vient d’être publié légalement en République Tchèque.  Après les États-Unis, la République Tchèque est le deuxième pays à éliminer la censure face à cette publication considérée comme étant la bible du néo-nazisme.  La censure est si forte concernant cet ouvrage qui fait l’éloge de l’antisémitisme, de la haine et de la violence, que l’Allemagne considère que toutes personnes ayant en sa possession ce bouquin commet un délit.  Il serait même interdit, dans les médias allemands, de prononcer son nom, car le simple fait d’en parler pourrait inciter les jeunes, à l’instar de Timothy McVeigh aux États-Unis qui en avait fait son livre de chevet, à commettre des actes haineux et antisociaux ou comme McVeigh des attentats à la voiture piégée.   Ce qui est étonnant dans tout cela, c’est que le livre écrit par le père du nazisme Adolf Hitler, Mein Kampt, est en vente libre dans plusieurs pays, dont l’Allemagne.

Propagande gauchiste


Vous vous souvenez probablement de la capsule de Jean-René Dufort dans le cadre de son émission Infoman 2006, celle où monsieur Dufort s’amusait, avec son éternel ton sarcastique, à dépeindre le Hezbollah comme une organisation tout à fait pacifique, comparant les lances-roquettes du groupe terroriste à des tuyaux de poêle, donnant une image tout à fait débonnaire, festive (les réunions du Hezbollah étant comparé au festival de Jazz de Montréal), de ce mouvement politique qui est prêt à tout pour expédier Israël en Alaska.  Pour ceux qui n’auraient pas eu le chance de voir cette capsule de propagande d’une organisation terroriste et non pas, comme voudrait nous le faire croire, Jean-René Dufort, Julien Poulin et Pierre Falardeau, d’une organisation de résistance (ce n’est pas la révolution des Patriotes ici), lors de la guerre Israélo-libanaise, cliquez sur ce lien.

L'humoriste Dieudonné lors de sa visite en Iran au mois de février 2007.

 Par ailleurs, il est paradoxal de constater à quel point une certaine gauche qui se plaît à dénoncer certains abus de la droite, comme la politique américaine de George W. Bush, on a qu’à penser à l’humoriste français Dieudonné, n’hésite pas, à la manière de Jean-René Dufort, à appuyer, à soutenir, à tenter de blanchir et à la limite d’angéliser, certains mouvements extrémistes.  L’Iran n’est pas ce pays totalitaire que les médias occidentaux voudraient nous faire croire, il n’est pas ce régime barbare et sanguinaire qui refuse toute forme de liberté d’expression, il est comme nous, à notre image, une image reflétant la modernité.  Dieudonné parle de propagande des médias occidentaux vis-à-vis le régime des mollahs.  Cette vision doit être dénoncée.  Pour ce faire, au mois de février 2007, Dieudonné s’est donc rendu en Iran question de voir de ses propres yeux ce qui s’y trame, question de rencontrer le Mal en personne.  Et bien ce Mal iranien il ne l’a pas vu.  Dieudonné n’a rien vu de mauvais dans ce pays.  Tout est beau, il s’agissait d’une peur engendrée par les Américains, les Juifs et le monde occidental.  Et bien oui, un complot contre l’Iran.  

Je me demande lequel des deux fait de la propagande, les médias occidentaux que Dieudonné déteste tant, ou bien ce même Dieudonné qui fait une petite visite de courtoisie, une petite promenade au centre-ville de Téhéran, question de bien rester en surface et de ne pas trop offusquer les autorités iraniennes.  Dieudonné n’a certainement pas dû visiter les prisons iraniennes, prisons remplies de jeunes femmes, universitaires, brillantes, revendicatrices, dont le seul blâme est de remettre en question de régime islamiste, le régime des mollahs et de revendiquer l’égalité homme-femme. 

Mehrnoushe Solouki «Quand j’entendais le bruit des gifles qui retentissaient, je pensais qu’on interrogeait des femmes kamikazes qui voulaient se faire exploser au milieu de Téhéran, ironise celle qui vient tout juste d’être relâché par les autorités iraniennes pour avoir tourné un documentaire sur la répression politique après la guerre Iran-Irak en 1988. Mais non, mes geôliers m’ont dit que c’étaient des femmes qui mettaient en danger la sécurité de l’Iran parce qu’elles demandaient l’égalité homme-femme», relate, encore ahurie, la documentariste montréalaise d’origine iranienne Mehrnoushe Solouki.Elle a su, grâce aux gardiens de prison, que les autres détenues étaient des universitaires, des journalistes, des militantes féministes et des étudiantes. «Je pense qu’il y a plus de filles derrière les barreaux que sur les bancs d’université!» s’exclame-t-elle.

La censure existe en Iran comme elle existe au Liban et dans tous les pays islamistes.  Dieudonné s’est présenté avec des préjugés favorables à l’Iran tout comme Jean-René Dufort s’est présenté devant le Hezbollah avec des préjugés favorables.  Mais que serait-il arrivé à ces deux personnalités de la go-gauche s’ils avaient osé critiquer le régime iranien, si Dieudonné s’était présenté devant le parlement avec des pancartes réclamant l’égalité homme-femme ?  Lui serait-il arrivé la même chose que ce journaliste afghan Sayed Perwiz Kambakhsh qui vient d’être condamné à mort pour avoir posé légitimement la question de la polyandrie (le fait pour une femme d’avoir plusieurs époux) dans un article.  Si la polygynie (le fait pour un mari d’avoir plusieurs épouses) est permise dans l’islam, alors pourquoi la polyandrie ne serait-elle pas permise ?  Autrement dit le journaliste réclamait rien de moins que l’égalité homme-femme. 

La haine rend aveugle à certaines réalités pourtant bien présentes. Dieudonné déteste tellement les Juifs et les Américains qu’il est prêt à se fermer les yeux devant de tels faits. 

Le premier ministre chinois rencontre de faux sidatiques


Le premier ministre chinois Wen JiabaoDans les années 90, un scandale éclata en Chine, dans la province du Henan, plus particulièrement dans le petit village de Wenlou où entre 40 à 80 % de la population aurait été contaminé par le VIH après avoir donné de leur sang dans des conditions hygiéniques douteuses.  Depuis, une certaine aide médicale serait apportée à ces paysans, isolés du reste du monde, vivant comme des pestiférés, à l’abri des regards.  Même que lors de la journée mondiale de lutte contre le sida, le premier décembre dernier, le premier ministre chinois, Wen Jiabao, aurait mis à sa disposition, lors d’une petite parade pour la presse, quelques centaines de policiers en civil, des figurants, des comédiens, jouant le rôle des vrais paysans sidatiques, tout cela dans le but d’éviter de rencontrer les « infectés », les malades, ceux qu’on ne veut pas voir.  C’est ainsi que le premier ministre chinois serra la main à de faux sidatiques.   Heureusement, les « talents » de metteur en scène de monsieur Jiabao ont été démasqués par le quotidien Apple de Hong Kong (pour la traduction, trouvez-vous un bon traducteur, sinon lisez Rue89).  Pour les autres, les vrais malades, ceux qui souffrent en silence, les autorités chinoises ont bien fait leur travail de censeur, invitant avec force, ces derniers à rester bien tranquille chez soi, à l’abri des journalistes.  Non mais n’est-ce pas merveilleux ?  Et dire que nos belles grandes compagnies vident nos poches pour remplir celles de cette belle Chine démocratique.